Mortalité maternelle et néonatale : la RDC lance le projet « Bomoyi ya Mama na Mwana »

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En République démocratique du Congo, la mortalité maternelle et néonatale demeure une préoccupation majeure de santé publique. Selon les statistiques évoquées lors d’une cérémonie organisée à Kinshasa, au moins quatre femmes meurent chaque heure en donnant la vie, tandis que 23 nouveau-nés succombent à des complications liées à la naissance.

Face à cette situation alarmante, le projet « Bomoyi ya Mama na Mwana », qui signifie la vie de la mère et de l’enfant, a été officiellement lancé le 7 mars dans la capitale congolaise. Cette initiative vise à renforcer les efforts déjà engagés par le gouvernement, notamment à travers la politique de gratuité de la maternité et des soins néonatals.

Ce projet est le fruit d’un partenariat public-privé réunissant le gouvernement congolais, à travers le Conseil national de la Couverture santé universelle, la Fondation Vodacom, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

Intervenant à cette occasion, le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, a rappelé l’engagement de son institution dans l’amélioration de la santé maternelle et néonatale.

« Pour nous à l’UNFPA, dans le cadre de notre vision d’atteindre le zéro décès maternel évitable et zéro besoin non couvert en planification familiale, notre rôle est clair : accompagner les efforts du gouvernement et de ses partenaires pour renforcer la qualité des soins de santé maternelle et néonatale », a-t-il déclaré.

Selon lui, cet accompagnement se traduit notamment par le soutien à la formation et au déploiement des sages-femmes, l’amélioration de la disponibilité des médicaments et intrants essentiels, le renforcement des soins obstétricaux et néonatals d’urgence, ainsi que l’appui aux innovations, notamment la digitalisation des services et des systèmes de santé.

« Lorsque les sages-femmes sont formées, les maternités bien équipées et les femmes correctement informées et accompagnées, les résultats changent : des vies sont sauvées, des familles restent unies et les communautés se renforcent », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le coordonnateur du Conseil national de la Couverture santé universelle, le Dr Polydor Mbongani Kabila, a mis en avant l’ambition de cette initiative, qui s’inscrit dans l’alignement des partenaires et bailleurs sur les priorités nationales.

« Le projet que nous présentons aujourd’hui illustre l’alignement des partenaires et bailleurs de fonds sur les priorités nationales, conformément à l’agenda de Lusaka, qui appelle à une meilleure coordination et à des résultats mesurables pour la population », a-t-il expliqué.

Il a également salué l’engagement de la Fondation Vodacom dans cette démarche.

« Par cet acte, la Fondation Vodacom démontre que la responsabilité sociétale des entreprises peut aller au-delà des déclarations d’intention pour se traduire en actions concrètes, structurantes et durables », a-t-il souligné.

Représentant le ministre de la Santé publique lors de cette cérémonie, le Dr Bijou Pekwa a indiqué que cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation du système de santé congolais.

« Le projet Bomoyi ya Mama na Mwana s’inscrit dans une dynamique de transformation de notre système de santé. Au-delà d’un projet, il s’agit d’un signal politique fort, celui de la volonté de notre pays de dépasser une logique de réponses fragmentées pour adopter une approche systémique, coordonnée et durable », a-t-elle affirmé.

La cérémonie de lancement a été marquée par la signature symbolique du partenariat entre les différentes parties prenantes, autour d’un objectif commun : permettre à chaque femme de donner la vie dans la sécurité, la dignité et l’espoir.

Margarita-Rosa Ngoy

 

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