Le partenariat public-privé conclu entre l’Établissement public Transports au Congo (TRANSCO) et la société FOTON pour l’acquisition de 1 000 bus suscite déjà une vive polémique. Dans une correspondance adressée au directeur général intérimaire, Sylva Bilambo, et réceptionnée le 9 février 2026, l’intersyndicale de TRANSCO exprime ses inquiétudes et demande à l’Inspection générale des finances (IGF) d’exploiter ce contrat afin d’en vérifier la régularité.
Selon les représentants du personnel, le document comporte de « graves irrégularités » susceptibles de porter préjudice aux intérêts de l’établissement public. Parmi les griefs soulevés figurent la requalification de la contribution de l’État congolais, l’évaluation non clarifiée des exonérations fiscales et parafiscales accordées à FOTON, ainsi que la prise en compte de la subvention en produits pétroliers. L’intersyndicale a déploré également l’absence de mention des apports essentiels de TRANSCO, tels que les parkings et entrepôts, ainsi que la non-valorisation de la marque déposée TRANSCO, considérée comme un actif stratégique.
Les syndicalistes craignent en outre que ce partenariat n’aboutisse à la création d’une structure parallèle au sein de l’entreprise, reposant sur une catégorie restreinte de travailleurs. Ils jugent « dolosive » la clause prévoyant la rétrocession des bus à TRANSCO après cinq ans d’exploitation, estimant que leur viabilité serait déjà compromise dès la troisième année.
Dans sa conclusion, l’intersyndicale insiste sur la nécessité d’un véritable principe gagnant-gagnant et recommande l’intervention urgente de l’IGF pour garantir la transparence et rassurer le personnel. Cette polémique intervient dans un contexte déjà tendu : TRANSCO traverse une période de difficultés internes, marquée par un climat de défiance entre le conseil d’administration et le directeur général, désavoué pour un présumé détournement de fonds lors de la réunion ordinaire du 9 février 2026.
Jean-Petit Djoko


