Le rôle de l’église dans la politique Duel entre Mgr Nshole et l’archevêque Ejiba Yamapia

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Le climat religieux et politique en République Démocratique du Congo s’est brusquement tendu suite à une passe d’armes médiatique entre deux figures de proue des confessions religieuses : Mgr Donatien Nshole, Secrétaire général de la CENCO, et l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, représentant légal des Églises de Réveil du Congo (ERC).

DES ACCUSATIONS DE « SABOTAGE »

L’étincelle est venue des déclarations de l’archevêque Ejiba Yamapia, qui a publiquement accusé le tandem CENCO-ECC d’avoir « saboté » la feuille de route pour un dialogue national inclusif présentée initialement en août 2025. Le président des ERC estime que cette initiative est désormais « obsolète » et a réaffirmé son soutien inconditionnel aux institutions établies, déclarant que « la véritable Église ne peut pas faire d’opposition aux institutions de la République ».

LA MISE AU POINT DE MGR NSHOLE

Face à ces critiques, Mgr Donatien Nshole a tenu à rétablir la vérité sur la vision de l’Église catholique. Rejetant toute idée de sabotage, il a rappelé que la mission de la CENCO est une « mission prophétique » qui consiste à consolider la démocratie et la cohésion nationale.

Concernant les propos que lui prête Ejiba Yamapia – suggérant que l’initiative de la CENCO serait destinée à « celui qui viendra après Tshisekedi » – Mgr Nshole a apporté des éclaircissements majeurs :

-Inclusivité totale : Il maintient qu’un dialogue durable ne peut exclure aucune force politique majeure, y compris l’opposition et la société civile, pour traiter les causes profondes de la crise à l’Est.

-Indépendance ecclésiale : Contrairement à la position d’alignement prônée par les ERC, Mgr Nshole a réaffirmé que l’Église ne peut se taire face aux souffrances de la population, même si cela est perçu comme une opposition politique par certains.

UN FOSSÉ DE DOCTRINE POLITIQUE

Cette confrontation illustre deux visions divergentes du rôle de la religion dans la cité : d’un côté, une Église de Réveil qui prône l’accompagnement sans faille du pouvoir en place, et de l’autre, une CENCO qui se veut « l’église au milieu du village », quitte à assumer un rôle critique de contre-pouvoir moral.

Alors que l’archevêque Ejiba Yamapia appelle à l’apaisement des tensions avec les autorités, Mgr Nshole persiste : le « Pacte social pour la paix » reste la seule voie crédible, à condition qu’il ne soit pas vidé de sa substance par des calculs politiques immédiats.

Jean-Petit Djoko

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