En République démocratique du Congo, le phénomène des enfants accusés de sorcellerie demeure une réalité sociale alarmante. Dans plusieurs villes du pays, et particulièrement à Kinshasa, de nombreux enfants sont rejetés par leurs familles après avoir été accusés d’être à l’origine des malheurs qui frappent leur entourage. Chassés du foyer, ces mineurs se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes dans la rue, rejoignant la catégorie des enfants de la rue communément appelés « shegués ».
Ces accusations surviennent généralement dans des contextes de grande précarité. Maladie, chômage, décès d’un membre de la famille ou difficultés économiques sont parfois attribués à la supposée sorcellerie d’un enfant. Dans certaines communautés, des pasteurs ou des guérisseurs autoproclamés prétendent « détecter » ces enfants et promettent de les délivrer à travers des séances d’exorcisme, souvent traumatisantes et coûteuses pour les familles.
Pour les enfants ainsi stigmatisés, la conséquence est souvent brutale : exclusion, maltraitance et abandon. Une fois à la rue, ils tentent de survivre en mendiant, en lavant des voitures, en transportant des marchandises dans les marchés ou en effectuant de petits travaux informels. La rue devient alors leur quotidien, un environnement marqué par l’insécurité, la violence, la faim et parfois la consommation de stupéfiants.
Les conséquences de cette situation sont particulièrement graves pour ces enfants. Privés d’encadrement familial et d’accès à l’éducation, beaucoup grandissent sans repères ni perspectives d’avenir pire encore ses enfants ont les brûle devant les gens certains perd la vie en le battant avec des battons, pilons etc. La rue les expose à de nombreux dangers : exploitation par des réseaux criminels, recrutement par des groupes violents, prostitution, trafic de drogue ou encore travail forcé. D’autres deviennent victimes de violences physiques, d’abus sexuels ou de harcèlement de la part d’adultes ou même d’autres enfants de la rue.
Sur le plan sanitaire, ces mineurs vivent également dans des conditions extrêmement précaires. Le manque d’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé les expose à diverses maladies, à la malnutrition et à des troubles psychologiques liés aux traumatismes et au rejet familial. Certains développent des dépendances à l’alcool ou aux substances toxiques utilisées pour supporter les conditions de vie dans la rue.
Dans la capitale congolaise, ces enfants forment une population visible dans plusieurs carrefours et marchés. Derrière l’image du « shegué » se cachent pourtant des histoires personnelles souvent marquées par la souffrance, la pauvreté et le rejet familial.
Cette réalité a inspiré plusieurs œuvres artistiques et cinématographiques. Le film Rebelle, réalisé par Kim Nguyen et porté à l’écran par l’actrice congolaise Rachel Mwanza, raconte le parcours difficile d’une jeune fille confrontée à la violence et à l’abandon dans un contexte de guerre.
Mais au-delà de la fiction, l’histoire de Rachel Mwanza rappelle aussi une réalité bien réelle. Avant d’être révélée au grand public grâce à ce film, l’actrice a elle-même vécu dans la rue à Kinshasa. Enfant livrée à elle-même, elle faisait partie de ces jeunes contraints de survivre dans des conditions extrêmement précaires. Sa rencontre avec l’équipe de tournage du film Rebelle a changé le cours de sa vie et lui a permis de devenir l’un des visages les plus connus du cinéma africain.
Son parcours illustre à la fois la dureté de la vie des enfants de la rue et la possibilité d’un destin différent lorsque ces enfants bénéficient d’un accompagnement et d’une opportunité.
Face à ce phénomène, plusieurs organisations non gouvernementales et structures religieuses travaillent à la réinsertion des enfants accusés de sorcellerie. Elles organisent des campagnes de sensibilisation pour lutter contr Mais au-delà de la fiction, l’histoire de Rachel Mwanza rappelle aussi une réalité bien réelle. Avant d’être révélée au grand public grâce à ce film, l’actrice a elle-même vécu dans la rue à Kinshasa. Enfant livrée à elle-même, elle faisait partie de ces jeunes contraints de survivre dans des conditions extrêmement précaires. Sa rencontre avec l’équipe de tournage du film Rebelle a changé le cours de sa vie et lui a permis de devenir l’un des visages les plus connus du cinéma africain.
Son parcours illustre à la fois la dureté de la vie des enfants de la rue et la possibilité d’un destin différent lorsque ces enfants bénéficient d’un accompagnement et d’une opportunité.
Face à ce phénomène, plusieurs organisations non gouvernementales et structures religieuses travaillent à la réinsertion des enfants accusés de sorcellerie. Elles organisent des campagnes de sensibilisation pour lutter contre ces accusations et encourager les familles à protéger leurs enfants plutôt qu’à les rejeter.
Malgré ces efforts, les acteurs de la protection de l’enfance estiment que le problème reste profond et nécessite une réponse plus forte des pouvoirs publics. L’éducation, la lutte contre la pauvreté et la sensibilisation des communautés sont souvent citées comme des leviers essentiels pour faire reculer ces pratiques.
Dans les rues de Kinshasa et d’autres villes congolaises, de nombreux enfants continuent de grandir sans famille ni protection. Derrière chaque « shegué », il y a une histoire, un rêve brisé, mais aussi l’espoir qu’un jour, comme Rachel Mwanza, certains puissent trouver une seconde chance.
Micha Kisalasala


