De la présidence à la rébellion Kabila s’assume avec le Front pour la refondation de la nation

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Après son discours controversé prononcé le vendredi 9 octobre dernier, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila s’affirme cette fois-ci à travers le mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN), dont il assume désormais la présidence. Cette plateforme regroupe l’Alliance Fleuve Congo et le Mouvement du 23 Mars (AFC-M23).
L’information a été rendue publique ce lundi 12 octobre 2026 par Radio France internationale (RFI), qui affirme que cette nouvelle serait venue de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, actuellement sous le contrôle de la rébellion.
Les dirigeants de l’AFC-M23, notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, figurent parmi les responsables du FRN et occupent respectivement les postes de vice-présidents. De son côté, Sultani Makenga est présenté comme le chef d’état-major général de ce mouvement. Freddy Kaniki et Benjamin Bonimpa occupent, quant à eux, les fonctions de secrétaire général et de secrétaire général adjoint.
UN MOUVEMENT MALGRÉ L’APPEL AU DIALOGUE NATIONAL
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par les efforts du chef de l’État, Félix Tshisekedi, en faveur de la convocation d’un dialogue national entre Congolais. Cette initiative vise notamment à résoudre la crise sécuritaire et politique que traverse le pays, à renforcer la cohésion nationale et à refonder l’État en associant le peuple congolais aux décisions qui engagent son avenir.
Toutefois, le président de la République s’est montré on ne peut plus clair quant au profil des participants à ces assises, conditionnant notamment la participation des acteurs ayant rejoint la rébellion à l’abandon préalable des armes.
L’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation vient ainsi relancer le débat sur l’inclusivité du dialogue national et sur la participation de tous les acteurs politiques, y compris ceux qui ont pris les armes. Une approche défendue par une partie de l’opposition ainsi que par le tandem formé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
KABILA DONNE RAISON À TSHISEKEDI
Avec la mise sur pied de ce mouvement politico-militaire, Joseph Kabila semble conforter les accusations de Félix Tshisekedi, qui a régulièrement dénoncé l’implication de son prédécesseur dans les actions de la rébellion de l’AFC-M23.
Dans le même contexte, la justice congolaise avait condamné l’ancien chef de l’État à la peine de mort pour sa participation à un mouvement insurrectionnel, ainsi que pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Cette condamnation a toujours été rejetée par ses proches, qui continuent de clamer l’innocence du leader du Front commun pour le Congo (FCC).
« CONGOLISER » L’AGRESSION RWANDAISE
Pour plusieurs observateurs, la décision de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila de rallier officiellement la rébellion de l’AFC-M23 serait motivée par la volonté de « congoliser » la guerre d’agression menée par le Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.
Dans l’une de ses interviews consacrées à la guerre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, Joseph Kabila avait légitimé l’AFC-M23, qu’il présentait comme un mouvement de Congolais portant « les aspirations du peuple ». Pourtant, plusieurs rapports des Nations unies ont fait état du soutien du Rwanda à cette rébellion, notamment sur les plans militaire, logistique et opérationnel.
Avec l’annonce de la création du FRN et le rôle attribué à Joseph Kabila à sa tête, plusieurs analystes estiment que cette évolution vient renforcer les soupçons selon lesquels l’ancien président « a toujours été le véritable patron de l’AFC-M23 ».

VT

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