Kinshasa célèbre la Journée mondiale de la santé mentale sous le signe de l’écoute

0
14

Le Programme national de santé mentale (PNSM) a célébré, le 10 octobre 2026 à Kinshasa, la Journée mondiale de la santé mentale. Cette édition a mis l’accent sur l’écoute des personnes ayant vécu un trouble mental et sur la prise en compte de leur expérience.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le secrétaire général à la Santé publique et à l’Hygiène, le Dr Body Ilonga Bompoko, a rappelé que la santé mentale exige une mobilisation collective.
Il a appelé à combattre la stigmatisation, à défendre les droits des personnes concernées et à favoriser leur participation, dans le respect du consentement, de la confidentialité et de la non-discrimination.
Il a également souligné que la peur du jugement et les discriminations dissuadent encore de nombreuses personnes de solliciter de l’aide.
À cela s’ajoutent des services insuffisants ou difficiles d’accès. Le thème de cette année, a-t-il indiqué, invite aussi à écouter les familles et les personnes directement concernées.
Le directeur national du PNSM, Gédéon Samba, a pour sa part insisté sur le rôle de la santé mentale dans le développement durable.
Il a fait état de l’élaboration d’un plan stratégique multisectoriel, estimant que cette question doit être intégrée dans plusieurs domaines : l’éducation, les services de sécurité et de défense, la construction de la paix, la prévention des violences et des conflits, ainsi que le monde professionnel.
Le plan prévoit notamment de développer des services de santé mentale et de soutien psychosocial dans ces différents secteurs, tout en renforçant les actions de prévention et de promotion.
Le directeur pays du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Hyppolite Kalambayi, a rappelé que la santé mentale ne devait pas être reléguée au second plan, mais pleinement intégrée au système de santé.
Il a expliqué que l’Africa CDC accompagne le gouvernement congolais dans cet objectif, notamment en soutenant l’élaboration du plan stratégique multisectoriel. L’organisation contribue aussi au renforcement des compétences nationales et accompagne les cadres du PNSM dans les domaines du leadership et du plaidoyer.
Le Dr Kalambayi a par ailleurs évoqué les conséquences des urgences sanitaires sur les femmes, les hommes, les enfants, les familles et le personnel de santé de première ligne, notamment dans le contexte de l’épidémie d’Ebola.
Selon lui, la réponse à une épidémie doit aller au-delà de l’interruption de la transmission : elle doit aussi prendre en compte les répercussions psychosociales et aider les communautés à retrouver leur équilibre.
Le représentant de la coopération allemande, Marius Githz, a également souligné le lien entre santé mentale, paix et cohésion sociale. Il a estimé que l’écoute des personnes ayant une expérience vécue devait déboucher sur des actions concrètes, des ressources, des services accessibles et des politiques mieux adaptées aux besoins des personnes, des familles et des communautés.
Il a notamment présenté un projet de coopération financière soutenu par la banque allemande KfW et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En RDC, ce projet vise à améliorer les conditions de vie dans l’Est du pays, entre autres par des actions en santé mentale.
UN TEMOIGNAGE POUR LUTTER CONTRE L’ADDICTION ET LA STIGMATISATION
La célébration a également été marquée par le témoignage d’un homme ayant vécu des difficultés de santé mentale et luttant contre la dépendance aux drogues.
Il a rappelé que l’addiction ne se résume pas à un problème de comportement : elle nécessite des soins et un accompagnement adaptés.
Derrière chaque personne dépendante, a-t-il souligné, il y a une histoire, une famille, des rêves et un avenir. Ces personnes ont besoin d’être aidées et soignées, plutôt que jugées ou abandonnées.
En partageant son expérience, il a souhaité encourager celles et ceux qui souffrent à demander de l’aide et à rappeler qu’il est possible de s’en sortir.
Pour lui, le témoignage peut aussi donner de l’espoir à d’autres, car l’addiction n’est pas une fatalité.

TS

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici