Les entreprises publiques congolaises continuent de souffrir d’une gouvernance défaillante, marquée par des nominations politisées et une faible surveillance de leurs performances. C’est ce que révèle un rapport de la Banque mondiale publié en mars 2026, qui met en lumière les conséquences directes de ces pratiques sur la productivité et la viabilité financière de ces entités stratégiques.
Selon l’étude, plusieurs dirigeants sont désignés non pas en fonction de leurs compétences techniques, mais en raison de leur proximité avec le pouvoir ou de leur appartenance à des partis politiques. Cette logique de favoritisme compromet la gestion efficace de sociétés essentielles à l’économie nationale.
La Banque mondiale a mené son enquête sur six grandes entreprises publiques : la SNEL, la REGIDESO, la GECAMINES, la SNCC, la RVA et l’ONATRA. Ces sociétés représentent plus de 90 % des actifs du secteur public. L’analyse a porté sur des indicateurs clés tels que la solvabilité, la liquidité, la rentabilité, la gestion des flux de trésorerie et la capacité de remboursement de la dette.
Le constat est alarmant : une « tension financière généralisée » caractérise ces entreprises, avec un fort endettement et une faible génération de liquidités.
À la fin de l’année 2022, leur dette cumulée représentait environ 4,2 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau jugé préoccupant. La SNEL et la GECAMINES concentrent à elles seules la plus grande part de cet endettement.
Ces déséquilibres financiers exposent l’État congolais à des risques budgétaires majeurs, notamment l’accumulation d’arriérés, des demandes récurrentes de recapitalisation et des interventions financières publiques pour soutenir ces entreprises en difficulté.
Le rapport de la Banque mondiale relance ainsi le débat sur la nécessité de réformer en profondeur la gouvernance des entreprises publiques en RDC, afin de garantir leur efficacité, leur transparence et leur contribution réelle au développement économique du pays.
J-P Djoko


