Le conflit au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) continue de s’intensifier. Plusieurs événements survenus cette semaine témoignent de la profondeur de la crise qui oppose le camp du professeur Modeste Bahati Lukwebo à celui de Clovis Otto Bahizi.
Le mardi 14 avril, le groupe de Bahizi a été reçu par le secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation, où il a plaidé pour l’éviction de Bahati Lukwebo du présidium de la plateforme présidentielle. Dans la foulée, une correspondance officielle du ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, datée du 25 mars 2026, a confirmé la suspension de la validation des résolutions issues du 4ᵉ congrès ordinaire de l’AFDC. Le ministère invoque une opposition formelle déposée contre ces résolutions et invite les responsables du parti à se présenter devant le Secrétariat général des Relations avec les Partis politiques pour un examen approfondi du dossier.
Cette décision fragilise le camp Lukwebo, qui perd ainsi un soutien institutionnel crucial et se retrouve contraint de gérer en interne la bataille de légitimité qui mine le parti depuis plusieurs mois.
MECONTENTEMENT DU CAMP LUKWEBO
L’AFDC a exprimé son regret auprès du président Félix Tshisekedi après l’audience accordée aux dissidents par l’Union sacrée. Dans un mémorandum, le parti dénonce une violation de la charte de la coalition présidentielle et met en garde contre les risques de fragilisation des regroupements membres. Fort de ses 32 députés nationaux, 7 sénateurs, 77 députés provinciaux et 115 élus communaux, l’AFDC rappelle que seul Bahati Lukwebo est habilité à engager le parti au sein de l’Union sacrée.
L’OFFENSIVE DU CAMP BAHIZI
De son côté, Clovis Otto Bahizi, installé comme président intérimaire par un comité de crise, a été reçu au secrétariat permanent de l’Union sacrée. Il a réaffirmé l’appartenance « irrévocable » de l’AFDC-A à la coalition et son soutien à la vision du chef de l’État, notamment sur la révision constitutionnelle. Bahizi accuse Bahati Lukwebo de gestion opaque et de positions contraires à la ligne de la majorité.
Malgré les contestations et la plainte déposée par le camp Lukwebo pour usurpation, Bahizi poursuit son offensive politique et se présente comme le coordonnateur intérimaire chargé de conduire le parti vers un nouveau congrès.
UNE CRISE AUX REPERCUSSIONS NATIONALES
Ce bras de fer interne illustre les tensions qui traversent les regroupements politiques membres de l’Union sacrée. Entre accusations de trahison, contestations de légitimité et interventions institutionnelles, l’AFDC se retrouve au cœur d’une crise dont l’issue pourrait redessiner son rôle au sein de la majorité présidentielle.
J-P Djoko
La rédaction


