Tout au long du mois de mars, conférences, rencontres, tables rondes et multiple s initiatives se sont multipliées ici et là autour de la femme. Les voix se sont élevées, les plumes ont coulé, et les débats ont porté tant sur les enjeux internationaux que nationaux. Il est, bien entendu, légitime et nécessaire que les femmes restent éveillées aux problématiques qui les concernent. Mieux encore, cette dynamique participe à un éveil global des consciences sur leur autonomisation.
Mais pendant que les mots circulent, le monde, lui, brûle.
Les guerres se multiplient sous des formes diverses et parfois insidieuses. Guerre numérique avec le conflit russo-ukrainien, intensifié depuis 2022. Guerre d’intérêts, où l’impartialité cède face aux ambitions personnelles. Guerre internationalisée à l’est de la République démocratique du Congo, impliquant des acteurs régionaux et des groupes armés. Guerre économique entre grandes puissances, notamment entre les États-Unis et la Chine. Guerre nucléaire, dont les tragédies d’Hiroshima et de Nagasaki demeurent le symbole. Guerre morale et psychologique, enfin, visant à briser les esprits sans même recourir aux armes.
Face à cette réalité, une question s’impose : où en sommes-nous réellement ?
Dans leur rôle de mères, d’éducatrices, de piliers des sociétés, les femmes portent en elles une capacité unique à transformer ces guerres de souffrance en dynamiques de paix. Une paix réelle, durable, profonde. Une paix qui ne se limite pas aux discours, mais qui se construit dans les actes.
Dès lors, ne devrions-nous pas recentrer nos priorités ? Ne devrions-nous pas orienter davantage nos efforts vers la recherche d’une paix véritable, plutôt que de rester enfermées dans des thématiques récurrentes, parfois imposées, qui détournent de l’essentiel ?
Car il faut oser le dire : certains de ces débats, bien qu’importants, peuvent aussi agir comme des distractions. Ils maintiennent les femmes dans une lutte perpétuelle pour une liberté qu’elles possèdent déjà en partie, les empêchant ainsi de se projeter pleinement dans les enjeux globaux qui redessinent le monde.
Or, le monde change. Il accélère. Il se transforme à une vitesse vertigineuse.
Et une nouvelle forme de guerre s’impose désormais : celle de la numérisation et de l’intelligence artificielle.
C’est ici, précisément, que se joue une autre bataille décisive. Une bataille pour la place, pour l’influence, pour la capacité à façonner l’avenir. Les femmes ne peuvent se permettre de rester en marge de cette révolution. Elles doivent s’y engager pleinement. Aujourd’hui. Pas demain.
Femmes et filles sont appelées à avancer au même rythme que ce monde en mutation. Cela exige une volonté claire : celle de provoquer le changement autour de soi, de contribuer à la construction d’une paix durable — aussi difficile et incertaine soit-elle — et de s’adapter aux nouvelles exigences de notre époque, notamment technologiques.
Oui, la paix perpétuelle peut sembler un idéal inaccessible. Mais renoncer à la poursuivre serait déjà une défaite.
Et si, finalement, le véritable combat des femmes aujourd’hui n’était pas seulement pour elles-mêmes, mais pour le monde entier ?
Tribune publiée par Miphy BUATA ELEKE, journaliste de l’Agence congolaise de presse en Italie, pour clôturer le mois de la femme.


