Le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, a signé le 4 mars 2026 une décision interdisant aux troupes ougandaises (UPDF) de transiter par les postes-frontières d’Anzida et de Karombo. Cette mesure, qui cible deux points stratégiques pour les opérations logistiques de l’armée ougandaise, marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.
Depuis 2021, l’UPDF est déployée en territoire congolais dans le cadre de l’opération Shujaa, censée neutraliser les rebelles de l’ADF. Mais Kinshasa accuse désormais Kampala de détourner cette présence militaire à des fins économiques, notamment par le trafic de bois et d’or en Ituri.
Les autorités congolaises ont soupçonné également l’Ouganda de favoriser la communauté Hema au détriment des Lendu, alimentant les tensions locales.
Cette décision intervient alors que le gouvernement de Félix Tshisekedi résiste aux pressions répétées de Kampala, qui réclame le départ du gouverneur Luboya. Le général ougandais Muhoozi Kainerugaba avait formulé cette exigence dès 2025, sans succès. Kinshasa maintient son gouverneur en poste, affirmant sa volonté de contenir l’influence jugée « ambiguë » de l’Ouganda.
Du côté ougandais, des responsables expriment leur inquiétude, estimant que les FARDC, sous le commandement de Luboya, ont concentré leurs efforts sur des groupes locaux comme la Convention pour la révolution populaire de Thomas Lubanga, au lieu de cibler prioritairement l’ADF.
La fermeture des postes-frontières d’Anzida et de Karombo illustre une escalade : d’une coopération militaire fragile, la relation entre les deux voisins glisse désormais vers une confrontation ouverte.
Jean-Petit Djoko


