Chaque année, le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Cette date symbolique rappelle à l’humanité que la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes demeure un combat permanent. Pour l’édition de cette année, l’Organisation des Nations Unies a choisi le thème : « Droits, Justice et Action pour toutes les femmes et les jeunes filles ».
Ce thème est à la fois un appel et un rappel. Un appel à agir davantage pour garantir les droits des femmes, mais aussi un rappel que malgré les progrès réalisés, les inégalités persistent encore dans de nombreux pays. Dans plusieurs régions du monde, les femmes ne bénéficient pas toujours des mêmes droits juridiques que les hommes. Certaines lois continuent de les désavantager, et trop souvent les discours en faveur de l’égalité dépassent largement les actions concrètes.
Depuis plusieurs décennies, les notions d’émancipation et d’autonomisation des femmes occupent une place centrale dans les débats publics. L’émancipation renvoie à l’affranchissement social et économique, ainsi qu’à la libération des contraintes structurelles qui limitent l’épanouissement des femmes. L’autonomisation, quant à elle, implique l’accès aux ressources, à l’éducation, au pouvoir de décision et à la capacité de contrôler sa propre vie.
Ces principes visent à permettre aux femmes de participer pleinement à la vie politique, économique et sociale, tout en contribuant à la réduction des inégalités de genre. Pour atteindre cet objectif, les gouvernements doivent renforcer et appliquer efficacement les lois qui protègent les femmes et les filles contre la discrimination, la violence et l’exploitation.
Mais la transformation sociale ne dépend pas uniquement des institutions. Les femmes elles-mêmes doivent unir leurs forces, renforcer leur solidarité et poursuivre leur engagement collectif pour améliorer leurs conditions de vie et celles des générations futures.
En République démocratique du Congo, les femmes prennent pleinement part à cette dynamique. Chaque année, la Journée internationale des droits des femmes est marquée par des conférences, des rencontres, des marches et diverses activités de sensibilisation. Au-delà de la célébration, ces moments permettent surtout de réfléchir au chemin parcouru, d’évaluer les progrès accomplis et d’identifier les défis qui restent à relever.
L’histoire du pays témoigne d’ailleurs de certaines avancées importantes. Sous la présidence de Mobutu Sese Seko, une étape symbolique a été franchie en 1966 avec la nomination de Sophie Lihau-Kanza comme première femme membre du gouvernement, en qualité de ministre des Affaires sociales. Diplômée de l’Université de Genève et de Harvard University, elle a ouvert la voie à de nombreuses femmes congolaises et démontré que l’éducation est la clé de l’égalité des chances.
Depuis lors, la jeune génération de femmes congolaises s’est engagée sur la voie de la formation et de l’excellence. Conscientes d’être parfois jugées plus sévèrement que leurs collègues masculins, elles redoublent d’efforts pour prouver leur compétence, innover et contribuer au développement du pays.
Dans cette dynamique, certaines femmes se distinguent par leur créativité et leur vision. C’est le cas de Yolande Elebe Ma Ndembo, ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, qui a récemment innové en valorisant l’art traditionnel Bakuba. Longtemps utilisé comme tapis ou élément décoratif, ce patrimoine culturel est aujourd’hui transformé en tissus destinés à la haute couture, révélant ainsi au monde entier la richesse de l’identité culturelle congolaise.
Au-delà de leurs réalisations professionnelles, les femmes demeurent aussi des piliers essentiels de la société. Elles assurent la stabilité des foyers, contribuent à l’éducation des enfants et participent activement à la cohésion sociale
Tribune de Pauline Kabangu Tshita


