Kinshasa : N’djili se lève contre l’insécurité

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Face à la recrudescence du banditisme à Kinshasa, les habitants de la commune de N’djili refusent désormais la résignation. Entre mobilisation citoyenne, initiatives communautaires et interpellation des autorités, la population tente de reprendre en main la sécurité de ses quartiers.

L’insécurité urbaine continue de semer la peur dans plusieurs communes de la capitale congolaise. Cambriolages, agressions nocturnes et actes de banditisme rythment le quotidien de nombreux Kinois, contraints de vivre dans un climat de psychose permanent.

À N’djili, dans l’Est de Kinshasa, la population a décidé de rompre avec le silence. Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation citoyenne se multiplient. Les habitants entendent dénoncer la montée de la criminalité auprès des autorités civiles, policières et militaires, mais aussi s’organiser collectivement pour protéger leurs quartiers.

« Nous, les jeunes, devons-nous lever et adopter une même morale pour chasser ces inciviques », témoigne un habitant, résumant l’état d’esprit qui gagne la commune.

Face aux interventions jugées tardives de la police, les N’djilois misent sur des solutions communautaires. La création des groupes WhatsApp est envisagée pour alerter en temps réel sur les cas de cambriolage ou de mouvements suspects. Par ailleurs, des patrouilles nocturnes de jeunes volontaires sont aussi envisagées, en collaboration avec les forces de l’ordre.

« Avec l’autorisation du bourgmestre, sous la supervision des chefs de quartiers et des chefs de rues, il faudrait constituer un groupe d’une centaine de jeunes bien identifiés par les services de l’État pour appuyer la police dans la sécurisation des quartiers », propose un autre habitant.

Dans la même dynamique, un sit-in devant la maison communale de N’djili est en vue. Les organisateurs souhaitent interpeller directement l’autorité municipale, afin qu’elle prenne des mesures concrètes et urgentes contre l’insécurité. Pour ces habitants, N’djili doit rester une commune connue pour la sape et le football, et non pour le banditisme. Ils appellent le bourgmestre à restaurer l’image et la quiétude de cette municipalité.

L’OBSCURITE, ALLIEE DES CRIMINELS

La question de l’électricité est également au cœur des préoccupations. Plusieurs quartiers de N’djili sont régulièrement plongés dans le noir, une situation que les habitants estiment favorable aux actes criminels.

La Société nationale d’électricité (Snel) est vivement critiquée pour la mauvaise desserte du courant dans la commune.

« La Snel est efficace pour distribuer les factures, mais absente lorsqu’il s’agit d’assurer un service régulier. Cette obscurité permanente expose nos maisons aux bandits », déplore une habitante.

À travers cette mobilisation, les habitants de N’djili lancent un appel citoyen fort aux autorités compétentes. Ils exigent une réponse sécuritaire adaptée, une amélioration de l’électricité et une collaboration réelle entre population et forces de l’ordre, afin de mettre fin à l’insécurité qui gangrène leur commune.

E.N

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