Péage clandestin à Kinshasa : les habitants de Kalamu dénoncent un calvaire quotidien

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À Kalamu, au cœur de la capitale congolaise, la traversée de la rivière du même nom est devenue un véritable calvaire pour les habitants. Ce qui devait être un chantier public de reconstruction du pont s’est transformé en un péage illégal, où des jeunes imposent aux piétons de payer entre 500 et 1 500 francs congolais pour franchir une barrière improvisée.
À quelques mètres seulement de la maison communale, du commissariat de police et du parquet, ces pratiques se déroulent au vu et au su des institutions locales, sans intervention visible. Les jeunes ont récupéré des planches abandonnées pour aménager un passage précaire sur les eaux usées. Certains vont jusqu’à transporter les passants sur le dos, moyennant 500 à 1 000 FC, faute d’un dispositif sécurisé.
L’impact économique est lourd pour les usagers. Les bus en provenance du rond-point Ngaba, qui s’arrêtaient auparavant à Victoire pour 1 000 FC, limitent désormais leur trajet avant le pont et facturent jusqu’à 2 000 FC. Les passagers doivent ensuite payer environ 1 000 FC pour traverser sur le dos, puis 500 FC supplémentaires pour franchir la barrière. Résultat : une seule ligne Ngaba–Victoire peut coûter jusqu’à 3 500 FC, un montant insupportable pour une population déjà éprouvée par la vie chère.
Au-delà du coût, la situation soulève des questions de sécurité et de dignité humaine. Les piétons sont contraints de patienter longuement dans des files ou de risquer de mouiller leurs chaussures en traversant à pied. Ceux qui refusent de payer doivent effectuer un long détour vers Victoire, perdant temps et énergie.
Ce scandale met en lumière l’absence de mesures d’accompagnement sérieuses lors du lancement des travaux de reconstruction du pont par le gouvernement provincial. Alors que les engins ont bloqué l’avenue de la Victoire, provoquant d’importants embouteillages vers Bongolo et le boulevard Lumumba, aucune solution n’a été mise en place pour protéger les piétons.
Aujourd’hui, la rivière Kalamu illustre une dérive préoccupante : un chantier public transformé en business informel, au détriment des citoyens. Cette situation interpelle directement l’Hôtel de Ville, la commune de Kalamu et les services de sécurité, appelés à agir pour mettre fin à ce péage illégal et restaurer l’ordre public.
J-P D

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