La question de la réouverture de l’aéroport de Goma, toujours sous contrôle du M23-AFC, reste au point mort. Pourtant, elle a été évoquée par le président français Emmanuel Macron lors de la Conférence sur la paix organisée à Paris, dans le but de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations victimes des conflits armés dans l’Est de la RDC.
Cette situation est notamment due au refus catégorique de la rébellion de permettre l’ouverture de cette infrastructure stratégique. Pendant ce temps, la crise humanitaire demeure alarmante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les organisations humanitaires ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur la détresse des populations déplacées.
Le président Emmanuel Macron a clairement mis en cause le M23 et ses alliés, accusés de bloquer le processus de réouverture de l’aéroport de Goma. « La situation est terrible », a-t-il d’abord alerté, évoquant l’urgence de mobiliser davantage de fonds pour répondre aux besoins humanitaires. « Je note qu’aujourd’hui, l’effort n’a pas été fait par le M23 et ceux qui détiennent l’aéroport de Goma pour le rouvrir, alors même que les conditions administratives ont été remplies par la République démocratique du Congo », a dénoncé le chef de l’État français, appelant toutes les parties concernées à progresser rapidement sur ce dossier.
Au-delà de la dimension humanitaire, Emmanuel Macron a salué les initiatives de paix entreprises par l’Union africaine, le Qatar, ainsi que les États-Unis pour résoudre la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. « Il faut unir tous les efforts… Nous devons absolument continuer. La situation est trop grave pour qu’on la laisse. Cet effort conjoint, nous allons le poursuivre »,a-t-il affirmé en marge du sommet du G20 en Afrique du Sud.
M23 ET RWANDA FONT LA SOURDE OREILLE
En dépit de la gravité de la situation humanitaire dans la partie Est de la RDC, les membres de la rébellion du M23-AFC et les autorités rwandaises maintiennent leur position de blocage quant à la réouverture de l’aéroport de Goma. Leur refus avait déjà été exprimé dès l’annonce du président Macron à l’issue de la Conférence sur la paix à Paris.
Aujourd’hui encore, leur position reste inchangée. Ni le M23 ni le Rwanda ne prévoient une réouverture imminente de cette infrastructure stratégique. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réagi aux propos du président français en affirmant : « Aucun consensus entre les participants ne s’est dégagé sur une décision péremptoire pour une réouverture immédiate de l’aéroport de Goma. ».
Selon lui, Emmanuel Macron aurait précisé que les conditions de cette réouverture seraient discutées à Doha. « Le Rwanda, que je représentais à Paris, n’a dit rien d’autre », a-t-il insisté. Le chef de la diplomatie rwandaise soutient par ailleurs que « la réouverture de cet aéroport ne peut pas dépendre des conditions administratives avancées par une partie au conflit qui ne détient pas physiquement l’aéroport. ».
Olivier Nduhungirehe a également conditionné l’ouverture des corridors humanitaires au respect préalable du cessez-le-feu signé par les différentes parties impliquées dans le conflit.
PAS D’AVANCEMENT SUR LE TERRAIN
Malgré la reprise des négociations à Doha entre les représentants du gouvernement congolais et ceux de la rébellion, la situation sur le terrain demeure inchangée. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) accusent les rebelles du M23 d’avoir attaqué leurs positions, quelques jours seulement après la signature d’un accord de principe entre le gouvernement congolais et la rébellion.
Cette persistance de la violence témoigne, selon plusieurs observateurs, de la mauvaise foi du M23 et du Rwanda à faire avancer le processus de paix sur le terrain. Sans une volonté claire et sincère de toutes les parties prenantes, il sera difficile de parvenir à une résolution durable de la crise.
E.N


